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J'ai fait un copier collé d'un article paru l'année dernière dans un magazine sur la culture à l'ile Maurice. Cela vous permettra de faire un peu plus connaissance avec ma photographie, si vous avez le temps et le courage de digérer ces dix paragraphes et je vous garantie que vous connaîtrez mon nom par coeur :-) L'article parait un peu dé-construit parce que chaque parti s'accompagner d'une photo.

 

http://www.lemauricien.org/wes/in070720.htm

PHOTOGRAPHIE : JEAN-DANIEL VILLIERS

Chasseur d'âmes

Dans notre viseur : Jean-Daniel Villiers, celui qui a récemment fait la photo des personnalités associées à la campagne d'affichage Et si… ? visant à combattre le VIH et la stigmatisation. Pratiquant différents genres photographiques, l'artiste veut surtout recréer des ambiances et laisser parler les âmes.

Zoom.
Il y a de ces instants qui racontent tout. Ils ne durent parfois que quelques secondes. Sinon, moins. De brefs moments où les regards, les visages, les gestes, les paysages, les lieux révèlent soudain ce qu'ils renferment de plus intense, de plus profond, rendant ces instants beaux et magiques.

Principe. Une fois, au Ganga Talao, Jean-Daniel Villiers avait fait la photo d'une petite foule en effervescence autour d'un autel. Cette image du Maha Shivaratree aurait été conventionnelle si là, au milieu, il n'avait capturé l'expression de contemplation et de quiétude d'une femme qui, les yeux au ciel, s'était évadée par la prière. Quelques secondes avant ou après, l'intensité aurait été moindre ; le sens de la photo, différente. Ce jour-là, il avait cherché, avait joué des coudes et avait attendu cet instant. Photographe au talent prometteur, il a sa propre recette d'une bonne photo : "De l'amour pour ce que l'on fait, du respect pour le sujet." Aussi, une grande dose de passion et de patience. C'est selon ce principe qu'il travaille.

Apprentissage. Appartenant à la génération de photographes de l'ère du numérique, Jean-Daniel Villiers s'intéresse aux différents genres et se positionne pour faire partie de la relève. Ses premiers clics remontent à quelques années. Des "expériences" du début, il a fini par maîtriser la logique technique de la photographie en s'amusant avec un reflex manuel (argentique) qu'il avait alors acquis. Autodidacte, il fait des limites de son appareil un avantage, s'efforçant de maîtriser la base de cette discipline. Grâce à son sens de créativité, il développe son style, apprenant à laisser parler les âmes, le caractère ou le sens de ses sujets à travers leurs regards, leurs mouvements, leur silence…

É si… ? "Je leur avais demandé comment ils font quand ils réfléchissent", se souvient-il. Cassam Uteem, comme Sandra Mayotte, avait croisé les bras. Percy Yip Tong l'avait toisé du regard, un léger sourire aux lèvres. Sultana Haukim et Bruno Raya avaient fait parler leurs mains. Neelam Sharma et Éric de Chasteauneuf avaient posé un doigt sur leur visage. Dans son studio à Roches-Brunes, Jean-Daniel Villiers avait immortalisé ces regards et ces expressions sur lesquels la question É si mo ti ena SIDA ? avait été posée. Telle avait été sa participation dans la campagne d'affichage de prévention et sensibilisation lancée par le collectif d'artistes Les Zarbiens sur le VIH & SIDA, il y a quelques mois.

Portraits. Ces photos, il les avait prises dans le studio qu'il s'est aménagé. Jean-Daniel Villiers s'y plaît à prendre son temps pour faire des photos de mode et des portraits ainsi que pour illustrer d'autres thèmes touchant aux arts ou à la société. Dans la foule, lors des cérémonies religieuses, culturelles ou artistiques, il reste aussi à l'affût de ces images qui racontent les événements, la ferveur ou les passions. Souvent, c'est avec la distorsion du grand angle qu'il arrête les paysages. Depuis quelque temps, il s'est lancé dans la photographie de cérémonies nuptiales : "C'est beaucoup de plaisir et un grand moment d'émotion que j'essaie alors d'immortaliser."

Construire. Quand il place son œil contre le viseur, Jean-Daniel Villiers préfère ne pas compter sur une éventuelle générosité du hasard pour obtenir une bonne photo. Faite, certes, en "une fraction de seconde", le temps d'un déclic, chacune des images qu'il présente a été construite avec, dans sa tête, une finalité déjà imaginée. De l'intensité des lumières à l'épaisseur des ombres, de la profondeur du champ à la mise au point, au temps d'exposition, chaque élément est pris en considération. Quand nécessaire, il crée les conditions recherchées. Souvent, il attend. Une bonne photo, poursuit-il, c'est aussi une question d'ambiance. L'image n'étant pas uniquement composée du sujet principal, il travaille au millimètre près et accorde de l'importance à la moindre parcelle de la photo. Un cheveu sur un front fait une différence, un personnage dans l'immensité d'un paysage produit un autre effet.

Designer. Une bonne photo, ajoute-t-il encore, doit allier esthétisme à émotion. Pour rajouter de la force de ses images, Jean-Daniel Villiers fait aussi appel à ses aptitudes de designer pour des retouches ou des rajouts. Si la démocratisation de la technologie informatique met désormais les outils nécessaires à la portée de presque tous, la qualité du travail repose toujours sur le sens créatif et artistique de l'auteur des images. Jean-Daniel Villiers a travaillé pendant quelque temps dans la pub et utilise les connaissances acquises à ce niveau pour mieux exploiter ses images. Mais, souvent, raconte-t-il, le photographe se retrouve en conflit avec le designer jusqu'à ce que ce juste milieu soit finalement trouvé. Jean-Daniel Villiers a en tête plusieurs projets.

Couleurs Jean-Daniel Villiers dit avoir une préférence pour le blanc et noir. Le blanc, le gris, le noir, les ombres, les contrastes distraient moins et laissent pleinement parler les émotions, explique-t-il. Le B & N, il l'aime aussi pour le côté mystérieux qu'il laisse planer. L'image fait appel à l'imagination et l'ambiance reste empreinte de nostalgie dans ce genre qui, sans âge, traverse le temps… La couleur, il semble l'aimer intense ou pastel. Ici, elle est utilisée pour mieux dépeindre l'ambiance.

Témoin Pour Jean-Daniel Villiers, la photo reste l'un des meilleurs témoins d'une époque. Chaque image, estime-t-il, finit un jour par raconter l'histoire. C'est à travers des photographies, poursuit-il, qu'il a pu mieux comprendre ce à quoi son père faisait référence quand il parlait du passé. Au Musée de la Photographie, Jean-Daniel Villiers comprend davantage la valeur de ces documents. C'est un peu cela qui l'a encouragé à se faire le témoin du présent. Il aime aussi faire des photos parce que ces reportages l'encouragent à aller vers des lieux qu'autrement il n'aurait pas été tenté d'explorer. C'est aussi devenu un bon moyen pour lui d'entrer en contact avec les gens qu'il croise et qu'il est appelé à observer.